Marie-Hélène Lafon, une grande dame de la littérature contemporaine

 

Esquisser un rapide portrait de Marie-Hélène Lafon n’est-ce pas une entreprise  à haut risque ?

Une femme à l'élégance sobre et raffinée, à la voix dense et nette, à la diction quasi précieuse, à l’autorité naturelle,… sans aucun doute.

Ce mercredi 15 mars les élèves de 2nde 5, de 2nde 10 et des lecteurs volontaires de la 2nde 3 rencontrent Marie-Hélène Lafon. La romancière-nouvelliste, souvent primée, est loin d’être une inconnue pour nos lycéens. Avec intelligence, bienveillance et finesse leurs professeurs de Lettres les précèdent sur le chemin. Mme Jolibois sert de guide pour cheminer dans Les derniers Indiens, Mme Bernard accompagne l’exploration de Joseph et, dans le recueil Histoires, Mme Lauquin puise des nouvelles au dénouement ouvert et souvent énigmatique.

D’emblée, les questions des lycéens s’affûtent et des images fortes les empoignent : « le terreau de l’écriture » ou « l’ouverture d’un chantier » Ce sont autant de raccourcis saisissants sur l’écriture, cette activité de « haute solitude », « jubilatoire et grisante », selon les mots mêmes de l’écrivaine, sur la création littéraire, son opacité, son mystère et ses arcanes.

Quel étonnement pour ces lecteurs adolescents de pénétrer à l’invitation de la romancière dans son «atelier de fabrication » et de percer ses « rideaux de fumée ! » Le saviez-vous ? Les personnes de sa connaissance se muent en personnages ; dès lors c’est  une savante,  constante et subtile ré- invention, transposition, transformation… telle une alchimie dont  seule, Marie-Hélène Lafon posséderait le secret.

Désormais chaque auditeur imagine Marie-Hélène Lafon, professeur de Lettres Classiques dans un collège parisien, travaillant « à l’établi », tel un artisan patient, tenace et obstiné,  soucieux du travail bien fait, limant, polissant et rabotant sans cesse le mot et la phrase, ciselant le rythme.

Cette grande « mangeuse de mots » a une passion viscérale pour la langue. Un cœur simple de Flaubert  est un de ses livres culte. Et, devant son auditoire médusé et admiratif, elle en devient récitante authentique. La servante Félicité, sa vie minuscule, vide, stérile en apparence, se déploie, se tisse, maille sur maille.

 Habitée par la littérature et dans une perpétuelle "rumination" intérieure - la longue et lente maturation de la matière textuelle - cette orfèvre de la langue, se défend d'être "une raconteuse d'histoires".

Pour ce magnifique écrivain, « le bon mot est à la juste place ». Gageons que le public lycéen lui sera longtemps reconnaissant de son accompagnement respectueux dans leur découverte tâtonnante de la littérature contemporaine.

Désormais elle s'écrit sous leurs yeux.

 

 

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