Journée inaugurale des R.D.V. philosophiques : grande pluralité et belle diversité 

« Si tu veux un ami apprivoise-moi. »

Que penser de cette phrase connue de tous ?

 Le Renard s’adresse au Petit Prince pour tisser des liens. Cette invitation, simple et désarmante, rejoint l’exhortation à la fraternité présente dans le poème Etranges étrangers, thématique des Rendez-vous philosophiques.

Lors de la journée inaugurale, le 27 mars dernier, comme de longs échos, A.de Saint - Exupéry et J. Prévert se répondent.

L’accueil de l’altérité, ses limites et ses écueils inhérents aux frontières, mais aussi le déploiement contemporain – ô combien prometteur ! – de la citoyenneté mondiale, tels sont les fils rouges de cette ouverture.

La journée, marquée du sceau de l’excellence, est le fruit du travail de toute une équipe. Au lycée, M Desré et M Theulle, professeurs de Philosophie, inlassables chevilles ouvrières, sont des maîtres de cérémonie  attentifs et bienveillants.

D’entrée de jeu, les propos percutantsde Jean-Marie Muller, « dés-obéisseur intelligent », lancent le débat, intriguent et interpellent l’auditoire.

A la suite de Gandhi, il convient de « dé- légitimer la violence. »

-       Vous savez, cela ne va pas de soi, c’est un réel défi.

Cette démarche courageuse répond à l’exigence universelle du « Tu ne tueras point. » Ainsi s’ouvre un chemin de bienveillance envers l’autre.

L’exposé de Luca d’Ambrosio, chercheur attaché au Collège de France, décrypte   les politiques de contrôle de l’immigration mises en place pour répondre aux besoins sécuritaires des états. L’évocation du « grand enfermement des migrants et des réfugiés » accompagnée de son corollaire chargé de négativité, de haine et de noirceur produit un électrochoc sur le public. Franchir une frontière mue le migrant en « prédateur », en homme « nuisible » !

La jeune docteure en philosophie, Mathilde Unger, jalonne sa conférence au contenu dense, de formules frappantes. Par exemple, comparer les frontières nationales aux privilèges de l’Ancien Régime, réels freins à l’accès du Tiers-Etat à certaines positions sociales…ce n’est pas du prêt à porter de la pensée contemporaine, n’est- ce pas…

Louis Lourme, chercheur associé à l’Université de Bordeaux, aborde le cosmopolitisme, s’intéresse à l’évolution de la notion de « citoyenneté mondiale » et séduit les auditeurs par sa pédagogie.

Aujourd’hui, en ma qualité d’habitant de la planète terre, la déforestation me concerne. Désormais, c’est la lente émergence d’un « espace public planétaire. »

Grande pluralité, belle diversité et ouverture novatrice sur la cité sous-tendent cette journée. Les joutes intellectuelles voient s’affronter-courtoisement-des lycéens extérieurs, de simples citoyens et…nos élèves de Terminale…une grande première, n’est-ce pas…

A l’issue de ces féconds Rendez-vous philosophiques, que chaque participant se rallie au constat prophétique formulé par Montaigne au 16ème siècle :

« Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. »

 

 

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